Mardi soir au Palais des sports Marcel Cerdan de Levallois, les Mustangs de Mulhouse ont concédé leur première défaite des play-offs, battus 89-84 par Levallois en finale aller de NM1. Je vous le dis tout de suite : la série n’est pas terminée, et le retour à Mulhouse peut encore tout relancer.
Les Mustangs s’inclinent à Levallois (89-84) mais restent en course pour le titre
Invaincus jusque-là dans leur parcours, les hommes de Frank Kuhn ont payé un match accroché jusqu’au buzzer. Menés dès l’entame, ils ont pourtant continué à revenir dans la partie par séquences, sans jamais céder complètement. La NM1, pour rappel, c’est le troisième échelon national du basket masculin, et à ce niveau-là, le moindre détail compte : un rebond perdu, une faute évitable, un tir un peu court, et le scénario peut tourner.
Ce qui rend ce revers frustrant, c’est qu’il ne ressemble pas à une sortie de route. Mulhouse n’a pas sombré, Mulhouse n’a pas explosé, Mulhouse a simplement trouvé en face une équipe locale très solide dans les moments clés. Dans une finale, ça veut dire beaucoup : on ne juge pas seulement une équipe à son talent, mais à sa capacité à rester lucide quand le score se serre.
Mahes Montout a porté Mulhouse avant de quitter le match pour cinq fautes
Mahes Montout a été l’un des moteurs mulhousiens de la soirée. Il a tenu son équipe à bout de bras parce qu’il a pris ses responsabilités offensives et qu’il a longtemps maintenu les siens au contact. Avant sa sortie, il était même le meilleur marqueur mulhousien, ce qui dit assez bien son importance dans le plan de jeu.
Mais le basket est parfois cruel. Dans ce sport, sortir pour cinq fautes personnelles signifie être exclu du match après sa cinquième faute. C’est une limite réglementaire simple, mais redoutable : un joueur peut avoir pesé lourd pendant trente minutes, puis disparaître au moment où son équipe a encore le plus besoin de lui.
Pour Mulhouse, cette sortie a forcément pesé sur la suite, parce qu’elle a privé l’équipe d’un relais offensif et d’un point d’appui émotionnel.
Quand un élément clé quitte le parquet, le jeu devient plus lisible pour l’adversaire. La défense sait mieux où appuyer, et l’attaque perd parfois ce petit supplément d’audace qui fait basculer les fins de match. C’est exactement ce qui a rendu la soirée plus compliquée pour les Mustangs.
Le troisième quart-temps a fait basculer la finale aller
Le vrai tournant s’est joué au troisième quart-temps. À ce moment-là, trois joueurs majeurs mulhousiens ont été plombés par les fautes, ce qui a réduit la rotation — autrement dit le nombre de joueurs que le coach peut utiliser pour garder de l’intensité sans épuiser tout le monde.
Et quand la rotation se rétrécit, les jambes fraîches se raréfient, les fautes arrivent plus vite, et la défense devient moins stable.
Levallois a profité de cette fenêtre pour hausser le ton et garder l’avantage. Je trouve que c’est souvent là que les finales se gagnent : pas forcément sur une action spectaculaire, mais sur une série de petits déséquilibres accumulés. Un joueur qui sort, un autre qui doit compenser, une aide défensive en retard, et le tableau d’affichage commence doucement à pencher.
Mulhouse a donc passé une bonne partie de la deuxième moitié du match à courir derrière le score. Ce n’est pas dramatique en soi, mais cela oblige à jouer plus vite, plus risqué, et parfois moins proprement. Dans une rencontre aussi serrée, ces quelques pourcentages perdus font toute la différence.
L’adresse à trois points a manqué aux Mulhousiens face à des Franciliens efficaces
Autre donnée qui saute aux yeux : les Mulhousiens ont terminé avec 7 tirs réussis sur 30 à trois points, soit environ 23,3 %. Un tir à trois points est un panier marqué derrière la ligne à 6,75 m, la distance officielle en basket FIBA. Quand ça rentre, l’attaque respire.
Quand ça ne rentre pas, il faut trouver des points ailleurs, et c’est beaucoup plus simple à dire qu’à faire face à une défense bien organisée.
Les Franciliens, eux, ont été plus efficaces de loin et ont pu étirer la défense alsacienne. Cela a eu un effet très concret : Mulhouse a souvent dû attaquer plus près du cercle, dans la peinture — la zone autour du panier où les contacts sont nombreux et où chaque finition se gagne au millimètre.
Or, quand l’adresse extérieure n’accompagne pas le reste, la marge d’erreur diminue très vite.
Je retiens aussi un point simple : Levallois a mieux contrôlé les temps faibles. Dans une finale, ce n’est pas seulement une question de réussite, c’est aussi une question de continuité. Les Franciliens ont trouvé plus régulièrement des tirs propres, et cette régularité a fini par compter.
Marius Chambre a relancé l’espoir en fin de rencontre
La fin de match a pourtant rallumé la flamme. Marius Chambre a signé deux tirs primés, c’est-à-dire deux paniers inscrits derrière la ligne à 6,75 m, et a ramené Mulhouse à cinq longueurs à seulement 23 secondes de la fin. À ce moment-là, on sent toujours la salle se tendre, parce qu’un arrêt défensif, puis un nouveau panier rapide, peuvent encore changer l’histoire.
Ce n’était évidemment pas suffisant pour renverser complètement le match, mais cette séquence dit beaucoup de la mentalité mulhousienne. L’équipe n’a pas décroché mentalement, elle n’a pas rendu les armes, et elle a continué à chercher une porte d’entrée jusqu’au bout.
Pour moi, c’est même un signe encourageant avant la suite : quand une équipe trouve encore l’énergie de revenir si près, elle garde forcément une chance dans la série.
La finale retour aura lieu vendredi 19 juin à 20 h au Palais des sports de Mulhouse
Le rendez-vous est déjà fixé, et je vous le remets ici de façon claire, parce qu’en sport comme en gastronomie alsacienne, les bonnes infos se servent sans chichis :
- Date : vendredi 19 juin 2026
- Heure : 20 h
- Lieu : Palais des sports de Mulhouse
- Enjeu : égaliser la série et rester maître de son destin
Pour l’instant, les informations confirmées portent surtout sur l’horaire et le lieu. Le reste, Mulhouse devra aller le chercher sur le parquet. Et franchement, dans une ville qui aime les rendez-vous qui comptent, ce genre de soirée a tout pour faire monter la température.
Si vous voulez suivre d’autres rendez-vous mulhousiens, je les relaye aussi sur la page d’accueil du Furet Mulhousien. C’est là que je rassemble les actus qui font vibrer la ville, du sport aux temps forts locaux.
Un match d’appui est possible dimanche 21 juin si chaque équipe remporte une manche
Si chaque équipe remporte une manche, un match d’appui aura lieu dimanche 21 juin. Pour faire simple, c’est la troisième rencontre qui départage les deux finalistes quand la série est à une victoire partout. Autrement dit, la finale reste complètement ouverte, et c’est une excellente nouvelle pour tous ceux qui aiment les scénarios tendus jusqu’au bout.
La mission est donc limpide : gagner vendredi à Mulhouse pour forcer la décision, puis, si nécessaire, rejouer une ultime manche. Je suivrai évidemment la suite dans la rubrique actualités, parce qu’une soirée comme celle-ci ne marque pas seulement un score : elle lance aussi un vrai moment de sport pour toute la ville.